Un arrêt maladie peut parfois sembler une simple pause forcée, mais son impact sur l’acquisition et la prise de vos congés payés est loin d’être anodin. La législation évolue, et ce qui était vrai hier ne l’est plus forcément aujourd’hui. Nous allons droit au but : comprendre ces mécanismes évite bien des litiges et assure que vos droits sont respectés.
Depuis des décisions de justice récentes, notamment de la Cour de cassation, de nouvelles interprétations ont bousculé les pratiques établies. Finie l’époque où un arrêt maladie, même non professionnel, gelait l’acquisition de vos jours de repos. Le salarié, qu’il soit malade ou blessé, continue d’accumuler ses précieux jours. Nous allons démêler ce qui vous est dû, sans détour.
L’acquisition des congés payés pendant l’arrêt maladie 🤒
Principe général : l’arrêt maladie n’interrompt plus l’acquisition
Fini le temps où la maladie freinait l’accumulation de vos congés. La Cour de cassation, dans une série d’arrêts datant de septembre 2023, a clairement tranché : un salarié en arrêt maladie, quelle qu’en soit l’origine (professionnelle ou non), continue d’acquérir des congés payés. C’est un changement majeur, une vraie victoire pour les droits des travailleurs.
Avant, si votre absence dépassait un an, vous pouviez vous retrouver sans aucun jour acquis pour cette période. Ce n’est plus le cas. Un arrêt de travail, même prolongé, ne doit plus pénaliser le salarié sur ce point. Votre contrat de travail est suspendu, mais vos droits à congés, eux, s’accumulent.
✅ À retenir
Depuis septembre 2023, toute période d’arrêt maladie, professionnelle ou non, ouvre droit à l’acquisition de congés payés. Un changement législatif est en cours pour aligner le Code du travail sur cette jurisprudence.
Calcul des jours acquis : comment ça marche ?
L’acquisition se fait sur la base habituelle : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, ou l’équivalent en jours ouvrés selon les conventions. Une période d’arrêt maladie est désormais assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des congés. Cela signifie que si vous êtes absent trois mois pour une grippe carabinée, vous acquérez tout de même 7,5 jours de congés.
L’employeur doit donc intégrer ces périodes d’absence dans son calcul annuel. C’est une donnée comptable à ne pas négliger pour le service RH. Imaginez un salarié absent six mois pour une chirurgie : il cumule 15 jours de congés payés sur cette demi-année, comme s’il avait travaillé.
Le report des congés payés non pris à cause de la maladie ⏳
Maladie pendant la période de prise de congés
Que se passe-t-il si vous tombez malade juste avant ou pendant vos congés déjà posés ? Si l’arrêt maladie survient avant le départ en congé, le salarié a le droit de reporter ses jours. Il ne perd pas ses congés. L’employeur et le salarié doivent alors convenir d’une nouvelle date.
Si l’arrêt survient pendant les congés, la période de congé est suspendue. Les jours de congés non pris en raison de la maladie sont reportés. Un arrêt de trois jours pendant une semaine de congés signifie que vous récupérez ces trois jours. C’est logique, non ? Personne n’a envie de passer ses vacances au lit.
💡 Notre conseil
Communiquez rapidement avec votre employeur en cas d’arrêt maladie avant ou pendant vos congés. Un certificat médical est indispensable pour justifier la suspension ou le report.
La durée de report : une notion clé
Les juges ont affirmé qu’un droit au report est garanti. Cependant, une limite de 15 mois a été introduite par une loi récente (article L3141-19-1 du Code du travail). Si vos congés n’ont pas pu être pris en raison d’un arrêt maladie, vous disposez désormais de 15 mois après la fin de votre arrêt pour les poser. Cette période commence à courir dès que vous êtes de nouveau apte à travailler.
C’est une fenêtre assez large, mais il ne faut pas la laisser passer. Passé ce délai, sans initiative de l’employeur pour vous permettre de prendre ces congés, vos droits pourraient s’éteindre. Une bonne gestion est de mise pour l’employeur comme pour le salarié.
| Situation | Conséquence sur les congés |
|---|---|
| Arrêt maladie pendant l’acquisition | Acquisition maintenue (2,5 jours/mois) |
| Arrêt maladie avant le départ en congés | Congés reportés |
| Arrêt maladie pendant les congés | Congés suspendus et reportés |
| Délai de report après l’arrêt | 15 mois après la reprise du travail |
Rôle de l’employeur et obligations 🤝
Information du salarié et suivi
L’employeur a une obligation d’information. Il doit clairement indiquer au salarié qu’il continue d’acquérir des congés durant son arrêt maladie. Cette information n’est pas toujours spontanée, ce qui est dommageable. C’est à lui de s’assurer que le salarié connaît ses droits, surtout après les changements législatifs. Un simple mail ou une note de service peut suffire.
Le suivi des jours de congés acquis et reportés est également de sa responsabilité. Un bon logiciel de gestion des RH facilite grandement cette tâche. Imaginez la complexité pour une entreprise de 200 salariés sans un système fiable !
15 mois
pour reporter vos congés après la reprise du travail suite à un arrêt maladie.
Que faire en cas de désaccord ?
Si l’employeur refuse de reconnaître l’acquisition ou le report des congés, le salarié n’est pas démuni. Plusieurs recours existent :
- Dialogue direct : Tenter une discussion amiable, preuves à l’appui (bulletins de salaire, arrêts maladie).
- Représentants du personnel : Solliciter les délégués du personnel, le CSE, pour une médiation.
- Inspection du travail : Saisir l’inspection du travail pour obtenir des informations et, si nécessaire, une intervention.
- Conseil de prud’hommes : En dernier recours, le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes. C’est souvent la solution quand toutes les autres échouent, mais cela prend du temps.
Ne laissez pas vos droits s’évaporer. Un salarié informé est un salarié protégé. La loi est de votre côté sur ces questions, surtout depuis les récents ajustements jurisprudentiels. Pour plus d’informations sur les droits du travail, consultez le site du service public.
Cas particuliers et précisions 🔍
Indemnisation des congés non pris à la rupture du contrat
Lors de la rupture du contrat de travail (licenciement, démission, fin de CDD), l’employeur doit verser une indemnité compensatrice pour tous les congés payés non pris, y compris ceux acquis pendant un arrêt maladie et non reportés dans les délais. C’est une obligation légale. Le calcul de cette indemnité doit inclure toutes les périodes d’acquisition, même celles passées en arrêt. Ne pas la verser serait une faute.
⚠️ À garder en tête
La prescription pour réclamer l’indemnité compensatrice de congés payés est de 3 ans. Agissez sans tarder si vous constatez un manquement de votre employeur.
Arrêt maladie et période de référence
La période de référence pour l’acquisition des congés s’étend généralement du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours. Un arrêt maladie qui chevauche cette période ne change rien au décompte. Les jours continuent de s’accumuler normalement. C’est une clarification importante pour éviter les confusions liées aux différentes durées d’absence.
Par exemple, si un salarié est en arrêt du 1er avril au 30 septembre, il acquerra des congés pour les mois d’avril et mai de l’année N, puis pour les mois de juin, juillet, août et septembre de l’année N+1. La période de référence n’est pas impactée par la suspension du contrat.
Questions fréquentes
Est-ce qu’un arrêt maladie non professionnel permet d’acquérir des congés payés ?
Oui, depuis les arrêts de la Cour de cassation de septembre 2023, toute période d’arrêt maladie, qu’elle soit d’origine professionnelle ou non, ouvre droit à l’acquisition de congés payés. Le Code du travail est en cours d’adaptation pour entériner cette jurisprudence, mais le principe est déjà applicable.
Combien de temps ai-je pour reporter mes congés après un arrêt maladie ?
Vous disposez d’un délai de 15 mois pour prendre les congés payés que vous n’avez pas pu poser en raison d’un arrêt maladie. Ce délai commence à courir à partir de la date à laquelle vous êtes informé de la fin de votre période d’arrêt et que vous êtes de nouveau apte au travail.
Mon employeur doit-il m’informer de mes droits à congés pendant un arrêt ?
Oui, l’employeur a une obligation d’information envers ses salariés concernant leurs droits à congés payés, y compris ceux acquis pendant un arrêt maladie. Il doit s’assurer que le salarié est au courant des modalités d’acquisition et de report, notamment suite aux récentes évolutions légales.
Que se passe-t-il si je tombe malade pendant mes congés payés ?
Si un arrêt maladie survient pendant une période de congés payés, ces derniers sont suspendus. Les jours de congés que vous n’avez pas pu prendre à cause de la maladie sont reportés. Vous devrez fournir un certificat médical à votre employeur pour justifier cette suspension.
Les congés payés acquis pendant l’arrêt maladie sont-ils indemnisés à la fin du contrat ?
Oui, absolument. Lors de la rupture du contrat de travail, l’employeur doit verser une indemnité compensatrice pour tous les congés payés non pris, y compris ceux acquis durant les périodes d’arrêt maladie. C’est un droit, et cette indemnité fait partie du solde de tout compte.



