Financer sa retraite confortablement : que faire vraiment pour ne pas galérer ?

Par Leo

Vous savez déjà que votre pension ne couvrira jamais 100% de vos derniers revenus. Entre 60% et 75% dans le meilleur des cas, et c’est encore moins si votre carrière est incomplète. Résultat : à 64 ans (âge légal de départ depuis 2023), vous perdez mécaniquement un tiers de vos revenus, parfois plus. Heureusement, des solutions existent pour compenser ce trou béant et maintenir votre niveau de vie. On va voir ensemble comment s’y prendre intelligemment sur financermaretraite.fr.

Rentrons dans le vif du sujet.

Pourquoi votre pension obligatoire ne suffira jamais

Le système français par répartition fonctionne sur un principe simple : les actifs d’aujourd’hui financent les retraités d’aujourd’hui. Votre pension se calcule sur vos 25 meilleures années pour les salariés du privé, ou sur votre traitement des 6 derniers mois pour les fonctionnaires.

Même avec une carrière complète de 172 trimestres (si vous êtes né après 1965), votre retraite de base plafonne à 50% de votre salaire annuel moyen. Ajoutez la complémentaire Agirc-Arrco, et vous atteignez péniblement 60% à 75% de votre dernier salaire. Un cadre qui gagnait 5 000 € nets mensuels touchera entre 3 000 € et 3 750 € de pension. La différence se creuse encore plus si vous n’avez pas tous vos trimestres : chaque trimestre manquant vous coûte 1,25% de décote sur votre pension.

Les réformes successives enfoncent le clou. L’âge légal est passé de 62 à 64 ans en 2023, la durée de cotisation grimpe à 172 trimestres, les pensions sont sous-indexées par rapport à l’inflation. Compter uniquement sur votre retraite obligatoire, c’est accepter une baisse brutale de votre pouvoir d’achat au moment où vous voudrez enfin profiter.

Le PER : votre levier fiscal immédiat pour préparer demain

Déduire vos versements pour alléger votre impôt maintenant

Le Plan d’Épargne Retraite vous fait économiser de l’impôt aujourd’hui tout en préparant vos revenus de demain. Chaque euro versé sur votre PER se déduit de votre revenu imposable. Si vous êtes dans la tranche à 30%, un versement de 10 000 € ne vous coûte réellement que 7 000 €. L’État finance indirectement 30% de votre épargne retraite.

Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’avantage est puissant. Avec une TMI à 41%, ce même versement de 10 000 € vous fait économiser 4 100 € d’impôt immédiat. Vous épargnez 10 000 € en ne déboursant que 5 900 €. Cette économie d’impôt, réinvestie l’année suivante, amplifie mécaniquement votre capital final.

Adapter vos versements à votre situation

Vous versez ce que vous voulez, quand vous voulez. Une année faste avec une prime ou une vente ? Versez massivement pour profiter de la déduction fiscale. Une année plus difficile ? Vous ne versez rien sans aucune pénalité. Cette souplesse est cruciale pour ceux dont les revenus fluctuent.

Si vous n’utilisez pas la totalité de votre plafond de déduction une année, vous pouvez reporter le reliquat sur les trois années suivantes. Vous cumulez aussi le plafond de votre conjoint marié ou pacsé. Concrètement, un couple peut déduire jusqu’à 69 552 € en une seule année si les deux conjoints ont maximisé leurs plafonds et reporté trois ans de reliquats.

Choisir comment récupérer votre argent à la retraite

Au moment de partir, vous décidez. Sortie en capital en une fois pour rembourser votre crédit immobilier ou financer un projet ? Sortie en capital fractionné sur plusieurs années pour étaler l’imposition ? Ou sortie en rente viagère qui vous verse un complément mensuel jusqu’à votre décès ?

La rente viagère sécurise des revenus réguliers à vie, mais vous ne transmettez rien à vos héritiers. Le capital vous laisse la main mais nécessite de gérer vous-même les retraits. Un mixte des deux offre le meilleur des mondes : une part en rente pour couvrir vos charges fixes, une part en capital pour garder de la flexibilité.

L’assurance-vie : l’épargne disponible qui ne vous bloque pas

Garder la main sur votre argent à tout moment

L’assurance-vie reste le placement préféré des Français pour une bonne raison : aucun blocage. Contrairement au PER qui immobilise vos sommes jusqu’à la retraite, l’assurance-vie vous laisse récupérer votre argent quand vous voulez. Besoin d’un apport pour un achat immobilier à 55 ans ? Vous faites un rachat partiel sans frais ni pénalité.

Après 8 ans de détention, vous profitez d’un abattement fiscal de 4 600 € par an sur les gains pour une personne seule (9 200 € pour un couple). Sur un contrat qui vous rapporte 5 000 € de gains dans l’année, seuls 400 € seront imposés. Le reste échappe totalement à l’impôt sur le revenu. Vous pouvez donc générer des revenus complémentaires en limitant drastiquement la fiscalité.

Investir progressivement en fonction de votre profil

Vos versements se répartissent entre fonds euros (capital garanti, rendement autour de 2,50% en 2025) et unités de compte (supports dynamiques sans garantie mais avec un potentiel de performance supérieur). Plus vous êtes éloigné de la retraite, plus vous pouvez prendre de risque sur les unités de compte.

À 45 ans avec 20 ans devant vous, placer 70% en actions via des ETF monde n’est pas déraisonnable. À 60 ans à 5 ans de la retraite, sécurisez progressivement en basculant vers le fonds euros. Cette gestion pilotée à horizon s’applique automatiquement sur la plupart des contrats modernes.

L’assurance-vie permet aussi d’investir dans des SCPI pour diversifier sur l’immobilier professionnel sans les contraintes de gestion locative. Vous touchez des loyers trimestriels tout en restant liquide : vous pouvez arbitrer vers d’autres supports ou faire un rachat partiel quand vous voulez.

L’immobilier : générer des loyers pour compléter votre pension

Votre résidence principale, le placement retraite invisible

Devenir propriétaire de votre logement principal est un placement retraite souvent sous-estimé. Une fois votre crédit remboursé à la retraite, vous éliminez 800 € à 1 500 € de loyer mensuel de vos charges. Ça équivaut à une rente viagère de 9 600 € à 18 000 € par an non imposée, sans risque de marché.

Acheter sa résidence principale est d’ailleurs un des rares motifs de déblocage anticipé autorisé sur un PER. Vous pouvez donc utiliser votre PER pour financer votre apport, bénéficier de la déduction fiscale sur vos versements, puis débloquer le capital accumulé pour devenir propriétaire avant même la retraite.

Les SCPI pour toucher des loyers sans gérer de locataires

Investir dans les Sociétés Civiles de Placement Immobilier vous donne accès à l’immobilier professionnel (bureaux, commerces, entrepôts) sans les contraintes de la gestion. Vous achetez des parts pour 10 000 €, 50 000 € ou 100 000 €, et vous touchez des loyers chaque trimestre.

Rendement moyen : 4,50% à 5% par an. Sur 50 000 € investis, ça fait 2 250 € à 2 500 € de loyers annuels qui complètent votre pension. La société de gestion s’occupe de tout : recherche de locataires, travaux, contentieux. Vous touchez vos loyers et c’est tout.

Les SCPI se placent aussi dans votre assurance-vie en unités de compte. Vous combinez ainsi la souplesse de l’assurance-vie (rachat possible à tout moment) avec la performance de l’immobilier professionnel. Et vous profitez de l’abattement fiscal de 4 600 € après 8 ans sur l’ensemble des gains, SCPI comprises.

Optimiser votre fin de carrière pour booster votre pension

Racheter des trimestres quand ça vaut vraiment le coup

Racheter des trimestres manquants coûte cher mais peut valoir le coup dans certaines situations. Si vous êtes proche du taux plein (il vous manque seulement 4 à 8 trimestres) et que votre retraite se situe dans 5 à 10 ans, faire le calcul s’impose.

Un trimestre racheté coûte entre 2 750 € et 4 080 € selon votre âge et l’option choisie (taux seul ou taux + durée d’assurance). Mais chaque trimestre récupéré supprime 1,25% de décote sur votre pension. Sur une pension de 2 000 € mensuels pendant 25 ans de retraite, éviter une décote de 5% (4 trimestres) vous fait gagner 100 € par mois, soit 30 000 € sur la durée. Le rachat s’autofinance en 12 ans.

Bonus : les sommes versées au titre du rachat de trimestres sont intégralement déductibles de votre revenu imposable l’année du rachat, sans plafonnement. Si vous êtes dans la tranche à 41%, l’État vous rembourse indirectement 41% du coût du rachat via l’économie d’impôt.

Le cumul emploi-retraite pour lisser la transition

Liquider votre retraite et continuer à travailler est désormais possible sans limitations. Si vous remplissez les conditions du cumul intégral (âge légal atteint + tous vos trimestres validés), vous touchez l’intégralité de votre pension tout en continuant votre activité professionnelle.

Cette formule permet de lisser la transition. Vous réduisez progressivement votre temps de travail (passage à 80% puis 50%), vous complétez avec votre pension, et vous conservez une dynamique professionnelle. Fini la rupture brutale du passage du tout au rien du jour au lendemain.

Depuis septembre 2023, vous pouvez même acquérir de nouveaux droits à retraite dans le cadre du cumul intégral. Vos nouvelles cotisations génèrent des points de retraite complémentaire qui augmenteront votre pension définitive lors de la liquidation finale.

Quelle stratégie adopter selon votre âge ?

Vous avez 40 ans : ouvrez un PER et versez 5 000 € à 10 000 € par an pour profiter de la déduction fiscale. Complétez avec une assurance-vie où vous versez 3 000 € à 5 000 € annuels en gestion pilotée dynamique. Investissez 70% en unités de compte actions, vous avez 24 ans devant vous pour absorber les fluctuations de marché.

Vous avez 50 ans : maximisez vos versements PER les bonnes années (15 000 € à 25 000 €) pour profiter des dernières années de forte imposition avant la retraite. Sécurisez progressivement votre assurance-vie en basculant vers 50% de fonds euros. Envisagez l’achat de SCPI pour diversifier sur l’immobilier.

Vous avez 60 ans : vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr. Il vous manque 6 trimestres pour le taux plein ? Faites le calcul du rachat. Sécurisez votre épargne en basculant 70% sur fonds euros. Préparez votre stratégie de sortie : capital pour rembourser votre crédit, puis rachats partiels programmés sur votre assurance-vie pour compléter votre pension.

Vous êtes déjà retraité avec peu d’épargne : regardez du côté du cumul emploi-retraite pour augmenter vos revenus. Consultez une activité à temps partiel compatible avec votre santé. Si vous êtes propriétaire, envisagez le viager occupé pour débloquer une partie de votre patrimoine immobilier tout en restant chez vous.

Dans tous les cas, diversifiez vos supports. Ne mettez jamais tout sur le PER ou tout sur l’assurance-vie. Mixer les deux vous donne de la souplesse : le PER pour l’avantage fiscal immédiat, l’assurance-vie pour la disponibilité et la transmission. Ajoutez l’immobilier (résidence principale ou SCPI) pour équilibrer entre revenus locatifs et sécurité patrimoniale.

Pour une stratégie patrimoniale adaptée à votre situation fiscale, professionnelle et familiale, consultez un conseiller en gestion de patrimoine indépendant qui analysera vos revenus, votre épargne existante et vos objectifs de retraite pour construire un plan d’action sur mesure.